Overview

Omar Bey & Gladys Kalichini
Dans le cadre de Jaou Tunis 2024 et du programme curatorial Hors les Murs du Blue Wind Project Inspirée de la célèbre formule de Gilles Deleuze — « Créer, c’est résister à la honte d’être un homme » — cette exposition explore la création artistique comme un acte de résistance face aux violences de l’histoire, aux mécanismes d’effacement et aux formes d’oppression qui traversent nos sociétés.
Présentée dans le cadre de Jaou Tunis 2024 et du programme curatorial Hors les Murs du Blue Wind Project, l’exposition prend place dans un ancien palais beylical du XIXe siècle, aujourd’hui atelier de l’artiste Omar Bey. Situé entre Le Kram et La Goulette, ce lieu chargé de mémoire devient un espace de dialogue où l’architecture, les vestiges du passé et les œuvres contemporaines se répondent.

Réunissant Omar Bey (Tunisie) et Gladys Kalichini (Zambie), l’exposition met en regard deux pratiques artistiques qui, bien qu’ancrées dans des contextes historiques et géographiques distincts, interrogent des préoccupations communes : la mémoire, la transmission, la liberté et la place des récits invisibilisés.
À travers le fil de fer, la pierre, la brique, la vidéo, le textile, la dentelle ou encore l’archive, Omar Bey et Gladys Kalichini développent des langages plastiques singuliers qui font dialoguer force et fragilité. Les matériaux deviennent les vecteurs d’une réflexion sur ce qui résiste au temps, sur ce qui demeure malgré l’oubli, et sur la capacité de l’art à transformer les blessures de l’histoire en espaces de pensée.
Les œuvres d’Omar Bey investissent pleinement l’ancien palais, dont elles prolongent les fissures, les silences et les strates historiques. Son travail questionne les rapports entre pouvoir, liberté d’expression et responsabilité collective. Chez Gladys Kalichini, la recherche artistique prend la forme d’une enquête sur les archives coloniales et postcoloniales de la Zambie, mettant en lumière les récits de femmes dont les engagements politiques ont longtemps été absents des récits officiels.
En confrontant ces deux démarches, l’exposition ne cherche pas à établir des parallèles simplistes entre deux territoires africains, mais à révéler des échos, des résonances et des formes de résistance communes. Les œuvres dialoguent autour d’une même conviction : la
création constitue un espace où les mémoires peuvent être réactivées, les silences interrogés et les récits oubliés rendus à nouveau visibles.
Plus qu'une présentation de deux univers artistiques, « Créer, c’est résister à la honte d’être un homme » propose une réflexion sur la capacité de l'art à faire face aux fractures du monde contemporain. Dans un contexte où les violences politiques, les héritages coloniaux et les exclusions continuent de façonner nos sociétés, l’exposition affirme la création comme un geste de résistance, de réparation et de réaffirmation de la dignité humaine.

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